AICA Barge

Associazione Imprenditori Commercianti Artigiani – Barge

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Le clocher de Saint Jean Baptiste

La “plebs superior Bargiarum”, consacrée a Saint Jean Baptiste, a été cenrtainement fonde dans une époque très ancienne. Une légende, relatée par Garola dans un manuscrit de la première moité du XIXème siècle, ferait remonter ses origines à la fondation par le Roi lombard Astolfo (749 – 756 après Jésus-Christ), mais en réalité le titre dédié au patron des Lombards ne semble pas être un élément suffisant pour appuyer cette thèse.

Le premier document qui la mentionne remonte à 1169 après Jésus-Christ.

Le clocher roman rescapé prouve l’existence d’une entière église bien avant cette date. Malheureusement, n’ayant jamais fait de fouilles dans ce site, on ne peut pas dire si cette église a été bâtie en même temps ou s’il existait déjà un petit édifice sacré précédent. Le principal clocher de Barge appartient au groupe de clochers de la région de Pinerolo et Saluzzo, encore en place aujourd’hui, qui ont été bâtis en style roman – lombard. Les clochers les plus semblables, même si plus petits, sont ceux de l’église de Saint Marcellin à Envie, de Saint Jacques à Luserna ( bien remanié ), de Saint Jacques de Tavernette à Cumiana et de Saint Martin à Saluzzo. Le clocher de Saint Maxime de Revello présente les mêmes caractéristiques dans la partie inférieure ( car celle-ci a été réalisée en deux périodes, par des ouvriers différents ).

Les artisans qui ont bâti ces clochers ont utilisé de la pierre du terroir et quand ils pouvaient utiliser  des briques de récuperation, ils les inséraient dans les murs, ce qui est précisément arrivé au clocher de Barge. Tous les beffrois dont on a parlé sont caractérisés par des pilastres angulaires et un fenêtrage qui, à partir des fenêtres à une seule ouverture des premiers étages, arrive aux fenêtres jumelées ou parfois trilobées dans les derniers étages. Les bandeaux de chaque étage sont en terre cuite, avec les briques placés de façon qu’on puisse voir  une arête et recouverts de petites plaques en pierre.Il y a aussi des arceaux aveugles suspendus en plein cintre, toujours en brique, soutenus par de petites consoles.

Les modèles de ces beffrois ont probablement été les clochers de l’abbaye de Saint Benigno de Fruttuaria ( bâti sur le projet de Guglielmo da Volpiano, en 1003/1006 après Jésus-Christ.) et de l’abbaye de Saint Etienne de Ivrea. La même mentalité de contruction ressort de quelques œuvres de la vallée de Susa, comme par exemple le clocher de la cathédrale de Susa.

C’est vrai qu’on ne connaît pas beaucoup à propos du style roman-lombard du Piémont mais, comme dèjà Augusto Cavallari Murat faisait remarquer, de l’observation de tout ce qui est arrivé jusqu’à nous, on peut déduire que cette architecture savait devenir “musique”: les mots trilobée, jumelée… sont comme les notes d’une partition musicale qui pouvait avoir aussi des sens symboliques qui forcément nous échappent.

En plus, on observe une certaine hiérarchie des clochers (différents par dimensions et par hauteur) qui devait refléter une hiérarchie ecclésiastique, par rapport à laquelle le “plebanus” de Saint Jean Baptiste devait occuper une dignité supérieure à celle du curé de Saint  Marcellin d’ Envie.

Les artisans de cette floraison de beffrois ont certainement été les maîtres de Côme, originaires du Canton Ticino et de la région de Côme: il ne s’agit pas seulement d’une intuition, mais cette affirmation se fonde sur le fait que l’homogénéité des clochers nous fait entrevoir des ouvriers d’un autre territoire, itinerants, étant le style le même déjà utilisé au nord du Piémont et de la Lombardie, notamment dans la région des lacs…En plus, à Ivrea, dans le trésor bibliographique capitulaire, il y a Le Codex V, qui contient les  “Capitularia – Edita regum Langobardorum – Cartularia Regum Francorum”: il remonte à 830 après Jésus-Christ et constitue la source principale de connaissance des salaires des maîtres itinérants, constructeurs d’édifices sacrés, qui étaient appelés sans doute “maîtres de Côme” (memoratorio de mercedes comacinorum).

Cavallari Murat a exprimé son opinion à propos de leurs travaux:

Dunque la mole modesta e la monumentalità frugale (non sono contraddizione di termini) possono qui aprire alla comprensione della voce autentica del linguaggio romanico, più nell’accezione di stile lombardo, sviluppato da quei maestri commacini, che, come si sa, ebbero tanta fortuna professionale lontano dalla patria padana per quel fare disinvolto, che permetteva di economizzare, facendo tesoro d’ogni materiale a portata di mano, per quanto rustico fosse. L’Europa è colma di questi loro non presuntuosi lavorucci, pasticcetti quasi su ricetta casalinga, e che si misurano discretamente contando mattoni e conci, persino tastando le superfici con le palme delle mani, cosicché si invera quel concetto estetico di critica che aggettiva i valori d’arte quali “tattili”. Anche la musicalità degli spazi plastici ha un suo proprio senso reale e credibile, perché si misura a “spanne” e si esplorano coi polpastrelli le graniture epidermiche, come se fossero statue di nudi oppure ornamenti a fogliami d’acanto e lattuga.

L’époque de construction du clocher de Saint Jean Baptiste est par conséquent le XIème siècle, mais il est difficile d’établir le moment précis.

L’œuvre n’est  pas arrivée intacte jusqu’à nos jours. Giovanni Vacchetta, qui, au début du XX siècle, a fait de remarquables  croquis des principaux monuments de la Province de Côni et d’une partie de la région de Pinerolo, pensait qu’on pouvait avoir ajouté un étage au clocher de Barge dans une époque postérieure, mais il est difficile de dire quand. Bien sûr, la texture des murs dans la partie supérieure est un peu différente par rapport aux étages inférieurs. La corniche est entièrement en brique et présente un dessin décoratif en style gothique ( typique du XIVème siècle et du début du XVème), qu’on retrouve aussi dans beaucoup de tours qui avaient une fonction militaire. De même, les deux fenêtres à une seule ouverture jumelées du dernier étage ont déjà une forme ogivale. Malheureusement, en cours de rénovation du clocher de saint Jean Baptiste, on a ajouté une grande  fenêtre jumelée qui a fait perdre la trace de l’ouverture originaire, qui était , peut-être, une  fenêtre  trilobée romane.

Cette opération de maquillage aurait dû adapter la tour aux impératifs du nouveau style gothique à peu de frais.

Mais la remise en état du XIVème siècle a été justifiée par des raisons notamment statiques, fondées sur des données concrètes, ce qui est témoigné par la fermeture contemporaine des deux ordres de fenêtres  trilobées et de la fenêtre jumelée des étages au dessous.

Naturellement,  l’élévation du clocher était liée au fait qu’il était aussi la tour municipale et il devait témoigner l’augmentation du pouvoir: ce pouvoir, toutefois, était sous la tutelle du feudataire principal: voilà la raison de la croix blanche en champ de gueules qui se trouve encore sur une des fenêtres jumelées de l’avant-dernier étage.

Au moment de l’élévation, on a perdu la pyramide du sommet, composée de petites pierres plates, amortissement de tous les clochers des “maîtres de Côme” et qu’on peut encore voir à Cantalupa.Un ordre d’amenagement du clocher remonte au 14 Mai 1464. Trois ans après, en 1467, le “magister Guglermus Mannerius” ( probablement un allemand: Wilhelm Manner?) a réalisé une nouvelle flèche, plus légère, en “latta (fer-blanc) d’alemagna”. C’est la même flèche que l’on peut voir dans les peintures et les dessins les plus anciens, même si l’iconographie de 1700 présente quelques petites différences par rapport à celle de la première moitié de 1800, dûes à des modifications suivantes. En 1724, la communauté de Barge  demanda des devis à “maestro Francesco Yone tollaro” qui a voulu 1000 lires pour refaire “l’aguccia” ( l’aiguille) du clocher et à “Giuseppe Viola tolaro in torino (…) piaza d’herbe soto il palazo della cità di torino”. Le Conseil Ordinaire confia le travail à ce dernier et retira l’argent de la vente du bois coupé dans les territoires communs. Cette flèche était semblable à celle qui existe encore aujourd’hui sur le clocher de sainte Marie de Paesana. Selon la tradition populaire, cette flèche a été vendue à Paesana au début de 1900, quand, grâce à un don du chanoine Pettinotti, on a bâti un nouveau toit en pierres sur le clocher de Barge. Cette tradition, toutefois n’est confirmée ni par les archives de Paesana, ni de Barge.

A partir de 1852, quand on a vu qu’il y avait le danger d’écroulement de la flèche, la Municipalité chargea le géomètre Carlo Craveri d’organiser l’adjudication pour abattre le dôme du clocher de l’église paroissiale de Barge et de projeter un toit provisionnel. Le 18 novembre Craveri proposa “ un tetto provvisorio a padiglione, con struttura in legname ricavata, per quanto possibile, dalla boscamenta di spoglio della cupola e manto in lavagne (…) sielte e tratte dalle cave di Bagnolo. Al vertice, si sarebbe dovuto formare un piedestale (…) dell’altezza di metri 1, coperto di latta, onde piantarvi sopra la croce, vela ed accessori che esistono.”

Le 13 Novembre 1858, l’architecte chevalier Barnaba Panissa, à Turin, signa quelques dessins des œuvres qu’il fallait exécuter pour l’élévation et la couverture du clocher de la Paroisse de Saint Jean Baptiste de Barge: on proposa d’ajouter un tambour en maçonnerie, à base ortogonale, flanqué de quatre flambeaux, pour y placer l’horloge public et le rendre plus visibile. La couverture du tambour aurait dû être réalisée avec une charpente en bois récouverte de métal, mais à cause du manque de l’argent nécessaire, la couverture provisoire devint définitive.

Au début de 1900, probablement Pettinotti a fait aménager à ses frais la couverure en pierres.

Il ne faut pas oublier que dans une époque ancienne, sur ce clocher on avait réalisé un cadran solare: il en reste des traces sous le cadran de 1700, dans le côté vers Largo Cesare Battisti: le premier cadran mesurait les heures italiques, tandis que l’autre utilisait déjà les heures françaises.

La première horloge mécanique a été installée sur la tour de Saint Jean Baptiste en 1443, quand la Communauté de Barge l’acheta de celle de Pinerolo, qui venait de placer une horloge nouvelle sur le clocher de Saint Maurice et avait décidé de vendre l’ancienne. En 1450, le 30 août, la Communauté de Barge a dû dépenser un florin pour la réparer. Le salaire de l’ouvrier qui s’occupait de l’horloge était de six florins.

La première horloge n’ayant qu’une sphère, mesurait seulement les heures et pas les minutes: son cadran extérieur (réalisé plusieurs fois au cours des siècles en mortier de chaux) a été détruit en 1902, quand on a construit la nouvelle horloge ( grâce à un don du chanoine Pettinotti), placée à l’étage supérieur, mais il est ancore visibile à l’intérieur du clocher.

La raison de la réalisation du cadran intérieur est dûe au fait que cette horloge, peu précise et à charge manuelle, avait besoin d’être réglée tous les jours. A midi pile, le sacristain montait sur le clocher et plaçait l’aiguille sur l’heure solaire. Pour faire ça, il avait besoin d’un cadran solaire patriculier (“lemniscata”) qui mesurait seulement le midi, dans les quatre saisons.

Dans la place Saint Jean ce cadran était placé sur la façade de l’actuel palais Moschetti: on aperçoit ancore le cadran sous le gnomon, désormais rouillé.

L’horloge de 1902 avait deux cadrans: l’un vers Largo Cesare Battisti, en maçonnerie, l’autre vers la place Saint Jean, en verre, avec des chiffres romaines en peinture. Puisque ces chiffres étaient devenues illisibles, en 1928 le Commissarie du Préfet demanda plusieurs devis pour placer un nouveau cadran. L’entreprise Frères Miroglio de Turin (87, rue Madama Cristina) fournit un cadran en verre, avec une structure en fer.

Les cloches ont été fondues plusieurs fois au cours des siècles. Jusqu’au début du XXème siècle, pour les sonner il fallait monter à 32 mètres de hauteur, dans une salle qui mesurait 16 mètres carrés, avec un plancher en bois. Ensuite le sacristain Giuseppe Castagno construit une structure spéciale en fer, qui permettait de les sonner d’en bas, jusqu’au moment de l’électrification.

Il faut dire une dernière chose à propos du clocher: il a manifesté, au cours des siècles, des compromissions statiques toujours plus évidentes, dûes, probablement, à l’élévation de l’époque gothique.

Par conséquent, celui qui a projeté la nouvelle église du XVIIIème siècle a fait bâtir un gros contrefort en  maçonnerie à briques sur le front de la tour, vers la place.

 

Giorgio Di Francesco – Traduzione a cura di Maria Elisa Bosio

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